#12 Wild Diamond

30 mai 2010 at 2:40 Laisser un commentaire

« Hiiragi, prépare-toi à entrer. C’est notre dernière rencontre alors fais comme tu veux ». En foulant à nouveau le parquet, je me rendis compte que l’énergie affluait dans mes jambes. C’était plus fort que moi. Je ne pouvais pas refouler mon envie de jouer malgré mon dégoût pour l’équipe. J’interceptais rapidement le ballon et me lançais dans une course folle. Le plaisir d’éliminer rapidement mes adversaires était toujours là. J’en dribblais un premier, puis un deuxième en faisant étalage de mes plus belles techniques. Leg through, roll turn, personne n’était capable de m’arrêter quand j’étais lancé ainsi.

« L’enfoiré, attends voir ! »

Le deuxième opposant n’avait pas totalement lâché le morceau, et il réussit miraculeusement à bloquer ma course. Le plaisir montait à peine en moi et j’étais déjà frustré d’être stoppé dans mon élan. J’observais mon adversaire. Je me rappelai alors qu’il m’avait déjà intrigué quelques minutes auparavant… il avait déclaré devant tout le monde qu’il arrêtait le basket… Exactement ce dont je n’avais pas le courage de faire. Quelle ironie du sort… Et il me traitait d’enfoiré… Mon agressivité reprit le dessus et j’assénai un coup de coude dans le visage de ce perturbateur.

La réaction de l’arbitre ne se fit pas attendre.

« Disqualification du numéro 11, expulsion immédiate ! »

Compréhensif, comme toujours, je me dirigeai calmement vers le banc en faisant mine de ne pas être affecté.

« Eh, attends, Hiiragi ! HIIRAGI !! », gueula un de mes coéquipiers.

Ca y est, j’allais avoir droit à ses insultes habituelles. Alors que je me retournais pour lui faire face, une véritable fusée humaine me frôla le visage et percuta mon coéquipier de plein fouet. Le type que j’avais frappé était devenu fou et s’était mis à frapper tout le monde sur le parquet, sans distinction. Le match était donc définitivement foutu. Je m’éclipsai rapidement. Mais je fus vite rattrapé par un autre de mes coéquipiers.

« Hiiragi ! Avant de rentrer, rejoins-nous dans la cour ! Compris ? On fait un meeting entre élèves de troisième ! », lança-t-il d’un air menaçant. S’il croyait m’effrayer.

Je rejoignis fièrement le petit groupe de joueurs qui s’étaient réunis dans la cour. Ils étaient bien là pour me flanquer une correction.

« On a toujours des emmerdes dès que tu participes à un match. C’est encore toi qui as tout foutu en l’air au tournoi estival ! Si ton frère n’était pas un joueur célèbre et tous les profs à la botte de ton père… On aurait aucune raison de te faire jouer ! Tu serais viré du club ! »

Je déposai mon sac de sport à mes pieds, et alors que j’allais répliquer, une voix grave résonna.

« Je me contrefous des querelles internes de ces loosers ! Et puis pourquoi j’irai aider quelqu’un qui m’a frappé ?! Moi je te dis qu’on va rien faire ! Ca doit être une coutume des cons qui fréquentent cette école !

Le garçon-fusée se tenait debout devant nous, accompagné d’une fille du même âge.

– Eh vous ! Tirez-vous, c’est notre problème !, lâcha l’un de mes assaillants.

– Un problème ?, l’interrompais-je. Quel problème !? Quelle belle brochette de minables vous faites ! Le basket est une chose si importante que ça ?! Pourtant… il devrait pas l’être pour des sous-merdes comme vous !!

Je les narguais, le sourire en coin. Evidemment, l’un d’entre eux pris mouche.

– Répète ! Répète un peu pour voir !

Alors qu’il levait le poing pour me frapper, une main saisit brutalement son bras.

– On se calme !

Je reconnus la voix de mon frère. Que faisait-il ici ? Mes coéquipiers le reconnurent également. Il fixa son regard hautain sur moi.

– Tu nous as encore fait honte lors de ce match, Hitonari ! C’est vraiment un geste d’irresponsable !

Il marqua une pause avant de reprendre.

– Comme ça faisait longtemps que je n’étais pas rentré, j’étais venu te voir mais je vois que tu n’as pas changé ! De la violence, toujours et encore ! Qu’as-tu dans la tête, Hitonari ?!

Il haussa le ton.

– Dis-moi pourquoi tu joues au basket !! Tu n’arrêteras donc jamais de me décevoir ?!

Je n’avais rien à lui répondre. Il croyait encore que je jouais pour lui et papa, que je devais leur rendre des comptes. Je n’avais pas à les satisfaire ou à les décevoir. Je voulais jouer pour moi-même. Quand comprendraient-ils ?

– Pour quelqu’un qui arrive sans prévenir, je trouve que tu ne manques pas de culot !, intervint le type de Ninomiya, notre adversaire du jour. C’est un problème qui ne regarde que lui, nan !? Je ne peux vraiment pas vous sentir, toi comme les autres ! J’ai bien envie de tous vous prendre un par un… et de vous réduire au silence dans un bain de sang !

Son air solennel fit sourire mon frère qui s’excusa, échangea quelques mots avec l’homme-fusée, et décida qu’il valait mieux qu’il s’en aille. En guise d’au revoir, Takuya déclara à mon attention :

– Hitonari, on reparlera de tout ça une fois à la maison !

– Parler de quoi ? J’ai rien à vous dire moi ! J’en ai plus que marre de tout ça !

Je pris une profonde inspiration. C’était le moment de lâcher ce que j’avais sur le cœur.

– Pour moi le basket s’arrête aujourd’hui ! Ras le bol de faire comme toi et papa le disent !

– Tu fuis ?

– Non, tu te trompes ! Je rejette vos méthodes, je rejette votre vision du basket !

– J’ai entendu dire que tu avais décidé d’entrer dans un lycée public… C’était donc pour ça ! Pour éviter de te retrouver à Hayamazaki avec notre père ! C’est bien dommage… Hitonari… Tu es la honte de notre famille… Tu ne pourras pas te plaindre si tu te fais jeter de la maison !

C’est sur ces mots qu’il repartit comme il était venu, suivi par mes coéquipiers qui le suppliait pour un autographe et des conseils pour améliorer leur jeu. Je n’avais que faire de ses conclusions. Agacé, je décidai de partir à mon tour, et ramassai mon sac de sport.

– Eh toi ! Attends un peu ! On n’en a pas encore terminé tous les deux ! T’as foutu les nerfs à bloc à de nombreuses personnes alors assume !!

– …si tu y tiens…

– Je te dois un coup et crois-m…

J’interrompis sa phrase par un violent coup de poing dans le ventre.

– Alors, comment vont tes nerfs maintenant ?

Il reprit son souffle.

– T’es vraiment rapide, enfoiré ! Pourquoi tu ne réagis pas comme ça, avec ton frère, sale connard !!

Décontenancé par ses paroles, je ne vis pas venir son coup de pied et je l’encaissai en pleine tête.

– Tu sais… la vitesse de ton enchaînement… « leg through » plus « roll turn »… n’était pas exceptionnelle je trouve ! Je te connais pas, mais tout ça n’a rien à voir avec ton frangin ! Il faut bien que tu le comprennes, crétin !! C’est que du basket-ball, et rien d’autre !

Il me regarda fixement. Un regard perçant, sûr de lui.

– Pourquoi tu ne ferais pas ce que tu as envie de faire ?! Il n’y a vraiment pas de quoi en faire toute une histoire ! Imbécile !

Son monologue fini, je ramassai à nouveau mon sac, tombé dans la bagarre.

– Lâche-moi s’il te plaît… c’est justement parce que je fais ce que je veux que je t’ai frappé ! Et puis tu es qui pour me dire ce genre de chose ?! Tu arrêtes le basket non ?! Eh bien moi aussi ! Je n’ai donc pas de leçons à recevoir de toi… Akane Tachibana !

Je le regardai droit dans les yeux une dernière fois, avant de m’en aller calmement.

Publicités

Entry filed under: Chapitre, Partie II : Splitted Gem.

#11 I won’t Epilogue

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Catégories

Articles récents

Calendrier

mai 2010
L M M J V S D
« Avr   Juin »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Feeds


%d blogueurs aiment cette page :