Archive for octobre, 2009

#09 One minute, one illusion

L’ambiance dans les vestiaires était tendue. Menée de cinq points à la pause pour la première fois du tournoi, l’équipe était en proie aux doutes. En l’absence de véritable capitaine à Rokkakubashi, tout le monde y allait de son reproche et personne ne calmait le jeu. Les phrases mal placées fusaient et le mot « défaite » revenait souvent aux lèvres des jeunes collégiens. J’aurais aimé dire à mes ainés qu’un écart de cinq points était rapidement rattrapable, mais aucun ne m’aurait écouté. En tant que joker de luxe, on me faisait jouer lorsque le match était quasiment plié. En d’autres circonstances on ne prêtait guère attention à moi. Je n’avais donc pas mon mot à dire. Heureusement le coach prit les choses en main.

« Vous crier dessus ne vous fera pas jouer mieux, bon sang ! Vous connaissez la différence entre vous et vos adversaires ? Vous les valez dans tous les domaines, que ce soit physiquement, tactiquement ou techniquement. Vous n’avez vraiment rien à craindre d’eux. C’est leur cohésion et leur solidarité dans le jeu qui fait la différence pour l’instant ! Vous devez jouer en tant qu’équipe et non comme un ensemble d’individualités ! Il vous reste vingt minutes pour le comprendre et remonter ces cinq petits points, je sais et vous savez que vous pouvez le faire ! »

L’intervention musclée du coach avait eu le mérite de calmer les esprits. Mes équipiers se rendaient à présent compte que rien n’était encore perdu, et que tout se jouerait en seconde période. C’est déterminés à revenir au score qu’ils retournèrent sur le parquet. J’étais de tout cœur avec eux, bien que le coach ne m’ait adressé aucun mot. Je commençais à me demander s’il comptait me faire rentrer dans le match, mais je me rassurai en me disant que c’était sous-entendu. Après tout, cela faisait plusieurs matchs d’affilée durant lesquels je jouais les dix dernières minutes.

Les premières minutes de la reprise confirmèrent l’envie de l’équipe de revenir au score. Dès l’entame de la seconde période, notre pivot mit toute son énergie pour récupérer un rebond sous notre panier, au milieu de deux joueurs adverses. Il lança la contre-attaque en effectuant une longue passe en direction de notre ailier fort, qui convertit immédiatement l’action en deux précieux points, sur un lay-up parfaitement maîtrisé, nous ramenant ainsi à trois longueurs de notre adversaire. Sur l’action suivante, l’équipe de Rokkakubashi défendit avec ardeur, ne laissant aucune faille s’ouvrir à l’adversaire, bloquant toute tentative de percée. Notre meneur de jeu profita d’une passe un peu molle d’un joueur adverse pour intercepter la balle. On sentait notre équipe parfaitement concentrée et c’est ainsi qu’en quelques minutes elle avait inversé la balance, infligeant un cinglant 10-2 à nos adversaires en l’espace de trois minutes.

Nous menions à présent de trois points. L’équipe semblait confiante, mais des signes de fatigue commençaient à se faire sentir chez nos joueurs. Après s’être démenés comme des beaux diables en début de période, le contrecoup se faisait à présent ressentir. Remarquant la baisse de forme de l’équipe, notre coach demanda un temps mort.

« C’est bien les gars, vous avez le match en main. Continuez comme ça, mais pensez à gérer votre énergie ! Je ne ferai des changements que quand vous aurez une avance confortable, nos remplaçants n’ont pas votre expérience pour gérer ce match comme vous le faîtes, je compte sur vous ! »

L’équipe retourna sur le parquet après ces quelques minutes de repos. Les mots du coach m’avaient déçu ; il ne me faisait pas confiance pour tenir le match et aider l’équipe à remporter cette précieuse victoire. L’enjeu avait pris le pas sur son altruisme habituel. Pourtant, je savais pertinemment que ces adversaires ne me feraient pas peur. Leur niveau était certes très bon, mais le mien n’avait rien à leur envier. J’avais tellement envie de jouer, et de prouver une nouvelle fois à tous que ces quelques années d’écart que nous avions ne représentaient rien. Mais le coach ne semblait avoir aucune intention de me faire participer à la fête aujourd’hui.

Le temps mort n’avait malheureusement pas suffi à faire récupérer convenablement nos joueurs. Ils commençaient à être dépassés par la vitesse des adversaires, qui eux avaient fait tourner leur effectif. Notre pivot résistait de moins en moins aux charges du pivot adverse, nos joueurs se replaçaient mal, si bien que nous nous retrouvâmes bientôt à égalité au tableau d’affichage. Il fallait réagir, mais notre entraîneur semblait croire à une nouvelle révolte de notre cinq majeur. Et pourtant les minutes passaient et nous furent à nouveau menés sans que nos joueurs ne puissent rien y faire. Ils semblaient même résignés.

Nous nous retrouvâmes à six points d’écart à une minute de la fin du temps réglementaire. Notre ailier fort, qui n’avait cessé de courir durant tout le match sur nos contre-attaques à répétition, se plaignait de crampes. Le coach se vit forcer de le remplacer, et fit appel à moi pour les dernières soixante secondes.

« Fais de ton mieux, Hiiragi », me donna-t-il comme consigne. Il n’y avait rien de rassurant dans sa voix, et j’y percevais déjà l’amertume de la défaite. Mais moi, je ne voulais pas me résigner ainsi. Cela faisait presque quarante minutes que je bouillonnais intérieurement de pouvoir fouler le parquet.

Le jeu reprenait sur une touche en notre faveur. Plein d’entrain, je me précipitais vers l’avant et créais un appel auquel nos adversaires ne s’attendaient pas de la part d’un rookie comme moi. Mon appel fut froidement ignoré par le joueur qui faisait la touche, qui préféra faire une passe en arrière à notre meneur de jeu. Se rendait-il seulement compte du peu de temps qu’il nous restait ? Je faisais demi-tour pour proposer à nouveau une solution au possesseur du ballon, qui préféra quant à lui tenter une percée solitaire dans la défense adverse. C’est à ce moment que je me rendis compte que mes équipiers ne me faisaient aucune confiance, et qu’ils ne me pensaient pas capables de leur apporter la moindre aide. D’habitude, ils me faisaient des passes car ils savaient le résultat acquis et voulaient paraître pour des joueurs altruistes. Mais aujourd’hui, ils me montraient le vrai fond de leur pensée. Ce fut comme un coup de massue derrière le crâne pour moi. Je pensais représenter leur joker de luxe, mais j’étais juste le jeune remplaçant qui finissait les matchs lorsqu’ils étaient fatigués. Je m’en voulais de ne pas m’en être rendu compte plus tôt.

Je décidais alors que s’ils ne me faisaient pas de passe, ce serait à moi de me créer mes propres actions. La percée trop ambitieuse de notre meneur s’était évidemment soldée sur un échec, et nos adversaires commencèrent à faire tourner le ballon calmement, attendant bien sagement que le chronomètre s’écoule. Je sprintai alors pour couper la trajectoire d’une passe, et interceptai le ballon du bout du doigt. Je parvins à en garder le contrôle et commençai mon dribble vers le panier. Un seul joueur eut le temps de se replier pour me bloquer le passage. L’adrénaline à son maximum, j’effectuai le magnifique one hand double cross de mon frère qui laissa mon opposant sur place. Je réduisis facilement la marque et nous nous retrouvâmes à quatre points d’écart, le chronomètre affichant vingt-trois secondes restantes. Il ne suffisait plus à nos adversaires que d’attendre la fin du match, une phase de jeu durant au maximum vingt-quatre secondes, ils profitaient de la dernière possession de balle.

J’entendis la voix d’un de mes coéquipiers dans mon dos.

« Bon, on aura eu un peu de chance sur la fin mais on allait perdre de toute façon… »

Même après mon action, ils ne voulaient pas admettre que j’égalais au moins leur niveau ! C’en était rageant, et toute mon envie de ballon se transformait en rage sur le terrain. Je courus dans tous les sens pour tenter d’intercepter les passes de mes adversaires, qui jouaient logiquement la montre, mais ils s’appliquèrent pour ne pas tomber deux fois de suite dans le même piège. En l’absence d’autre joueur les pressant pour récupérer la balle, je ne pouvais plus rien faire pour l’intercepter. Les joueurs adverses s’amusèrent durant vingt-trois secondes à me faire parcourir la largeur du terrain à plusieurs reprises, avant de sauter de joie au retentissement du coup de sifflet final.

Le match était donc terminé. Les portes de la finale se refermaient sous nos yeux.

« A quatre points près, c’est vraiment dommage ! On a tout donné en deuxième mi-temps ! », se plaignit l’un des nôtres.

J’aurais aimé pouvoir en dire autant. Je sentais tant d’énergie en moi, et tant d’impuissance. Cette frustration n’était pas prête de me quitter. A présent éliminés, cette demi-finale départementale représentait donc notre dernier match officiel de l’année. Je n’aurais donc pas de si tôt l’occasion d’exprimer toute ma rage sur le parquet, il faudrait que j’attende la deuxième année de collège. Pourquoi le coach n’avait-il pas osé m’aligner plus tôt ? Pourquoi mes coéquipiers si fatigués n’avaient-ils pas osé me faire de passe, moi qui avait tant d’énergie à dépenser ? Mon rêve de gloire s’achevait sur une note vraiment frustrante. Si encore j’avais perdu en ayant pu jouer mes chances à fond, j’aurais pu l’accepter. Mais là, j’avais en moi un terrible sentiment d’injustice. Je n’avais aucune envie de sourire. Mon précieux trésor me montrait une obscure partie de lui que je n’avais jamais vue auparavant. Pour profiter d’un tel trésor, il faut posséder des compagnons qui te considèrent d’égal à égal. Cela n’était malheureusement pas le cas. Et j’ai attendu très longtemps pour que cela arrive.

28 octobre 2009 at 4:31 Laisser un commentaire

#08 Private Tuition

Mon deuxième jour de collège se trouva être dans la continuité du premier. L’excitation des basketteurs en herbe ne cessait d’augmenter au fur et à mesure que le premier entraînement approchait. Ils n’attendaient tous qu’une chose : que je leur montre les prouesses dont j’étais capable. Une nouvelle fois, l’on accapara tout mon temps libre à me parler du tournoi départemental, des exploits de mon frère, et des espoirs que l’on plaçait en moi. Je ne tardais donc pas à remercier tout ce petit monde dès la fin des cours arrivée, ne supportant que moyennement tout ce bruit autour de moi.

En chemin vers la maison, je me rappelais que ce soir avait lieu mon premier cours particulier. D’humeur soudainement moins pressée, je ralentissais le pas. J’appréhendais quelque peu la rencontre avec mon professeur. J’essayais d’imaginer à quoi elle pouvait ressembler. Des gros sourcils dépassant de ses lunettes épaisses, deux couettes solidement nouées de part et d’autre de la tête, une voix criarde, une longue blouse blanche… je frémissais rien que d’y penser. Je me rendais subitement compte que je me trouvais sur le perron de la maison. J’avais marché le plus lentement possible et pourtant je me tenais déjà devant la porte de la maison, une boule à la gorge. Mon effrayante professeur était-elle déjà arrivée ? Je scrutais les alentours, nulle trace de bicyclette  ou de voiture n’appartenant pas au quartier. Serait-elle venue à pied ? Je franchissais la porte doucement et avec toute la prudence du monde, m’efforçant de ne laisser échapper aucun bruit. Cela ne suffit pourtant pas pour que ma mère ne repère ma présence. Elle se tenait debout, les bras croisés, juste devant l’entrée.

« Te voilà enfin ! Quand c’est pour rentrer à la maison, tu ne cours pas aussi vite que pendant ton basket ! Dépêche-toi de ranger tes affaires, ton professeur arrive d’une minute à l’autre »

Sur ce je m’exécutais sans un mot. Je montais les escaliers menant à ma chambre, et déballais les affaires de mon sac sur mon bureau. Un léger vrombissement de moteur venant de l’extérieur résonna alors à mes oreilles. Je jetais un œil par la fenêtre, et remarquais un scooter rouge qui se rangeait le long du trottoir devant chez nous. Après m’être demandé pendant quelques secondes si Maman avait commandé des pizzas pour ce soir, je me rappelais qu’il était encore un peu tôt pour songer au diner. Il ne pouvait donc s’agir que d’une chose, c’était mon professeur qui arrivait à bord de ce véhicule pour le moins inattendu ! Les surprises ne s’arrêtaient pas là, la conductrice, revêtue d’un vieil imperméable froissé, retira son casque, laissant dévoiler une longue chevelure blonde en totale contradiction avec ce que j’avais imaginé. Elle descendit alors de son scooter, et j’aperçus à ses pieds ce qui ressemblait à des bottes de cuir.

* C’est une ancienne Junkie qui se tape un trip à la Onizuka ou quoi ? *

La suite des événements ne me rassura pas plus. La mystérieuse jeune femme venait juste de poser le pied sur une crotte de chien qui jonchait le trottoir. Je l’observais tenter de nettoyer ses bottes en les frottant très énergiquement sur… notre pelouse ! Au bout de quelques dizaines de secondes, elle sembla satisfaite et se dirigea vers notre porte. La sonnerie retentit, suivie d’un « Hitoooonari, descends, ce doit être ton professeur !! » hurlé par ma mère. La peur au ventre, je redescendais les escaliers, au bas desquels ma mère m’attendait afin d’accueillir ensemble la nouvelle venue.

« Et surtout, sois poli », me donna-t-elle comme dernière consigne. De toute façon, je n’allais pas risquer de mal parler à mon professeur, qui avait peut-être déjà fait de la prison…

Ma mère empoigna la clenche avec détermination et ouvrit la porte, son plus beau sourire aux lèvres.

- Bonjour, vous devez être Mademoiselle Minefuji, la nouvelle professeur d’Hitonari, entrez je vous en prie.

- Tout juste c’est moi, je vous remercie de votre accueil, répondit la jeune femme tout sourire. Et toi je suppose que tu es Hitonari ?

Je restais un peu bouche bée devant Minefuji. De plus près, elle n’avait rien d’une Junkie. Elle avait un très joli visage, et portait un très correct tailleur sous son imperméable. Je regardais furtivement ses bottes, légèrement humides sur le dessus. Elles faisaient moins cow-boy que je l’avais cru, bien que je ne les trouvais pas très assortis au reste de ses vêtements.

- Alors Hitonari, tu ne réponds pas à la question de ton professeur ?, me signifia ma mère en arborant des yeux menaçants.

- Hein ? Euh si… oui, c’est moi, Hitonari Hiiragi. Ravi de vous rencontrer…

- En voilà un garçon bien poli, répondit Minefuji avec un regard plein de tendresse. Tu veux bien m’inviter dans ta chambre ? Je crois que tu as des leçons à travailler.

Tout se déroula ensuite sans encombre. Minefuji était vraiment douée pour expliquer simplement les choses. Elle réagissait parfois de manière exubérante, laissant aller ses délires et se montrant plus démonstrative de ses sentiments qu’il est normalement requis pour un professeur, mais elle était toujours très sincère et à mon écoute. Et surtout, elle s’intéressait à moi, ce qui me soulageait au plus profond de moi-même. Inconsciemment j’étais très heureux de ses quotidiennes venues à la maison, même si publiquement je rechignais à continuer ces cours particuliers. J’appréciais ces moments où l’on me considérait pour ce que j’étais réellement. Les plus utiles conseils de Minefuji ne concernaient pas les cours, mais plutôt la meilleure façon d’appréhender la vie. Elle fait partie des personnes qui m’ont permis de survivre à mon adolescence. Ses précieuses paroles retentissent encore en moi. Je me souviens d’une soirée durant laquelle elle me surprit un ballon dans les mains, et me tint le discours suivant, d’un air songeur :

« Dis donc… C’est la première fois que je te vois aussi souriant toi ! Dire qu’au début je croyais que tu étais un gamin asocial… Mais tu es mignon comme tout en fait ! Hitonari ! J’aime beaucoup l’expression de ton visage… on sent que tu aimes vraiment le basket… surtout, prends bien soin de ce sentiment ! C’est ton trésor à toi ! »

Une cours particulier mémorable

Un cours particulier mémorable

C’était une période durant laquelle je réussissais peu à peu à mettre de côté toute ma rancœur de ne pas être reconnu en tant qu’ « Hitonari ». Minefuji y était pour beaucoup. Je m’étais fait une petite place dans l’équipe de basket de Rokkakubashi malgré mon jeune âge. Le cinq majeur était toujours composé des joueurs de dernière année mais j’étais en quelque sorte devenu le joker de luxe. La plupart des adversaires que nous rencontrions étaient eux aussi en fin de collège, et leur jeu était beaucoup plus dur que le mien. Physiquement je ne faisais pas le poids, mais on me faisait rentrer en fin de match afin de profiter de la fatigue des joueurs adverses, que je dribblais spectaculairement grâce à ma technicité grandissante. On m’appelait encore « Hiiragi junior » mais je m’efforçais de ne pas y prêter attention. Ceci était possible grâce aux très bons résultats que l’équipe obtenait. Le soir où Minefuji me surprit tout sourire, nous venions de nous qualifier pour les demi-finales départementales (au terme d’un match haut en suspense), stade maximum que l’ancienne équipe de mon frère avait atteint. Je rêvais de faire mieux.

Minefuji se rendait compte de mon envie et de mon ambition, et ses cours particuliers se transformaient de plus en plus en cours de basket. M’étonnant de toutes les connaissances qu’elle possédait à ce sujet, je la questionnais pour savoir d’où elle tirait tous ces conseils. Elle m’apprit alors qu’elle était une ancienne joueuse de haut niveau, mais qu’elle avait dû arrêter prématurément le basket pour des raisons de santé. Elle souhaitait donc à tout prix que je vive pleinement ma passion, afin de ne jamais avoir à le regretter dans le futur. Ainsi elle m’affirmait n’avoir aucun regret de ne plus pouvoir jouer, car elle disait en avoir assez profité, s’étant éclatée sur le parquet jusqu’à la dernière seconde durant laquelle elle avait pu jouer. Dans un premier temps j’eus beaucoup de mal à la croire, mais elle disait cela avec tant de conviction que je finis par me persuader qu’elle le pensait sincèrement. Raison de plus pour m’investir totalement dans ce sport.

Cette fameuse demi-finale serait le match le plus important que j’aurais eu à jouer jusqu’à présent, et je comptais bien donner tout ce que j’avais afin de l’emporter. Minefuji me donnait mille conseils sur la manière de respirer, de se déplacer sur le parquet ou encore de préparer un match. Elle croyait en moi et était de tout cœur avec moi pour ce match si crucial à mes yeux. Ma motivation était décuplée, et je sentais que l’apothéose était proche…

17 octobre 2009 at 2:48 2 commentaires


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